Logo de la ville de Strasbourg: eurométropole, capitale européenne

Janvier

janvier-sans

LA MUSIQUE ORTHODOXE ILLUSTRE LE PRÉSENT ÉTERNEL

Qu’elle soit de facture byzantine, arabe, slave, latine ou comportant des accents « locaux » – qu’elle soit monodique, homophonique ou harmonisée – la musique vocale est omniprésente dans le culte orthodoxe, à un point tel que les deux composantes – prière et musique – sont devenues indissociables au fil des siècles. À l’exclusion de tout instrument. Certes, l’Ancien Testament prônait l’utilisation « de la harpe, du cor et de la cymbale », comme le dit le Ps. 150, 3 – 5 : « Louez (le Seigneur) avec la sonnerie du cor ; louez-le avec l’instrument à cordes et la harpe ; louez-le avec le tambourin et la ronde ; louez-le [au son] des cordes et du chalumeau ; louez-le avec les cymbales retentissantes ».

Dans le Nouveau Testament, Dieu « s’est fait chair », il est descendu parmi nous, nous vivons dans son intimité. L’on implore sa miséricorde dans la chaleur du cœur : « Exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce » (Eph. 5, 19).

Il est conseillé, dans la mesure du possible, que toute la communauté participe au chant, car « celui qui chante prie deux fois ». C’est pourquoi la musique liturgique ne doit pas être compliquée, mais à la portée du plus grand nombre. Elle est, néanmoins, traversée d’un profond message mystique et théologique, symbolisant « la liturgie des anges », « le ciel sur la terre ».

La ligne mélodique du chant orthodoxe privilégie ainsi l’ondulation, qui projette le croyant dans le présent éternel, au détriment du rythme, qui traduit la succession des instants, l’éphémère, le temps qui passe. La Divine Liturgie – comme d’ailleurs la plupart des offices orthodoxes – est une célébration entièrement chantée.